07.12.2009

"Paisan dis-moi ton nom ...."

Vous trouverez ci dessous un article de presse concernant le livre... en attendant en voici ma critique : Si le livre part d'une bonne idée

le style en est hélas froid et très linéaire. c'est franchement peu satisfaisant à mon goût.

rousselin.JPG

LYONS-LA-FORET. Murielle Rousselin-Vaudor dédicacera, ce week-end ( 5 et 6 décembre) son roman sur l'abbaye de Mortemer.

Jeune auteur, Murielle Rousselin-Vaudor vient de sortir un roman historique aux éditions Le Pucheux : Paisan, dis-moi ton nom…. Ce texte dévoile de manière romancée, l'introduction du « nom » comme patrimoine définitif de chaque individu et transmissible de génération en génération.
« L'introduction d'un nom de famille permettait aux moines qui occupaient l'abbaye de Mortemer, de différencier un paysan d'un autre, explique l'auteur. Et de bien distinguer celui qui avait payé la dîme de celui ne l'avait pas payée. »

Dans toute l'Europe
Au XIIe siècle, période analysée par Murielle Rousselin, l'abbaye de Mortemer est connue jusqu'au-delà des frontières françaises.
« Je pense même qu'elle rayonnait dans toute l'Europe. A ce moment-là, elle devait avoir jusqu'à sept granges dîmières, bâtiments servant à collecter la dîme, un impôt agricole. »
Les moines représentaient incontestablement un pouvoir aussi bien social que culturel. « Ils collectaient des informations culturelles de toutes sortes. Ils les diffusaient et prenaient soin de penser à la pérennité de l'ensemble. »
Murielle Rousselin-Vaudor s'est donc attachée à retracer l'histoire des paysans vivants autour de Mortemer, à les replacer dans leur quotidien de l'époque, à les faire revivre dans leur dépendance vis-à-vis des occupants de l'abbaye.

Tournures anciennes
« J'ai utilisé autant que possible dans mon travail d'écriture, des tournures anciennes du français surtout dans les dialogues. J'avais le souci de mettre le lecteur dans un état d'esprit propre à l'époque afin qu'il comprenne au mieux les personnages dont je conte l'histoire. Certains mots, aujourd'hui dépassés, ont pourtant une richesse sonore particulière que j'ai eu envie de faire connaître. Il faut admettre que cela peut déconcerter le lecteur, mais je crois que ce respect de la langue apporte un plus au texte. »

24.11.2009

Belle Epoque

kate cambor.jpg

« Belle Epoque » de Kate Cambor

Ce documentaire qui se lit comme un roman tourne autour de descendants de Victor Hugo, Alphonse Daudet et du professeur Charcot. Kate Cambor propose là une jolie balade autour de personnages qui n’ont pourtant pas vraiment l’insouciance qui s’exprimait généralement lors de la période dite de la Belle Epoque ( environ 1906 - 1914). Premier livre de l’auteur, Belle Epoque permet de retrouver des intellectuels du 19ème siècle qui ont marqué la littérature ou l’histoire française. Leurs enfants ou petits-enfants font au mieux pour se montrer à la hauteur des noms célèbres qu’ils portent …. mais leurs réussites diverses ne formeront que le chant du cygne des éponymes qu’ils portent.

19.11.2009

Extrait de "Belle époque" de Kate Cambor

lesseps.JPG
...

Episode du Panama

« Jules Dingler s’est établi dans l’isthme avec sa famille à l’automne 1883, après avoir été nommé directeur des travaux de la Compagnie du canal… Il veut prouver que seuls les ivrognes et les débauchés attrapent la fièvre jaune et meurent là-bas. Il y fait venir sa famille…. Sa fille Louise contracte la fièvre jaune et meurt au bout de quelques jours. Le décès de la jeune fille est un choc pour tous, administrateurs du canal, ouvriers et population locale. Un mois plus tard c’est au tour du fils de mourir puis au fiancer de Louise. Au cours de l’été 48 employés succombent à la même maladie. Mais Dingler écrit à Charles de Lesseps « Avec ma femme nous nous rattachons à la vie en faisant du canal l’objet de tous nos soins. » Madame Dingler meurt aussi. Epuisé, Dingler démissionne et s’embarque pour la France. Il ne reviendra jamais au pays où toute sa famille est inhumée."

Ferdinand de Lesseps, fondateur du canal de Suez et du Panama

07.11.2009

Yves Viollier : Aide-toi et le ciel ….

yves vollier.jpg
...

Yves Viollier : Aide-toi et le ciel …. (Roman édité chez Robert Laffont)

...

Rares sont les livres édités chez Robert Laffont qui me touchent. Je me demande sur quels critères sont choisis les auteurs qu’il édite ! Celui de me déplaire peut-être ? Mais je n’y crois pas, Robert Laffont ne me connait pas. Avec « Aide-toi et le ciel… »… le ciel devrait m’aider, car j’ai fait un gros effort pour lire le livre en entier (bon, c’est vrai, j’ai sauté quelques pages.). J’étais pourtant pleine de compréhension. Je me suis dit « c’est un jeune auteur » c’est déjà pas si mal. Mais en regardant mieux les premières pages du livre, j’y ai découvert une liste d’une trentaine de textes écrits par ce monsieur qui de plus n’est pas franchement jeune, s’il faut en croire les informations trouvées sur Internet ! Que raconte-t-il dans ce livre ? Une histoire de bons sentiments dans une ambiance catholique. Alors autant dire qu’il faut aimer le genre, ce qui n’est pas mon cas. De plus, l’auteur parsème dans son texte des petites phrases qui me chiffonnent … exemple : « Son visage est creusé par une telle tristesse qu’on la dirait absente de ses yeux ! » Je crois que j’arrive à comprendre ce qu‘il veut dire, mais dite autrement la phrase en aurait vraiment gagné en visibilité. Ou celle-ci « Je suis aussi stérile qu’une terre après la pluie. » Mais sauf à ce que la terre soit inondée, normalement à la base, l’eau est nourrissante ! Tiens, je viens d’avoir une idée, je vais en parler à mon jardin.

03.11.2009

Pascal Bruckner "Le paradoxe amoureux"

bruckner2edited7vi.jpg
Que l’on n’aime jusqu’à plus soif sans se soucier du résultat ou que l’on soit réticent à aimer ne serait-ce qu’un peu – Que l’on choisisse le fouet pour en goûter la violence ou pour en imposer la dureté – Que l’on soit fidèle à son partenaire ou au plaisir de lui être infidèle – Que l’on aime un être humain, une bête, ou une patrie, l’essai de Pascal Bruckner prouve que l’amour est vraiment paradoxal.
L’amour, symbole de la liberté enferme les amoureux dans leurs peurs et leurs espoirs. Il ne libère pas, il emprisonne. Les liens amoureux sont des sentiments composés d’abnégations ou de rejets divers. A quand la sagesse amoureuse celle qui équilibre le bon et le mauvais ? Pour Pascal Bruckner dans cet essai très complet sur le paradoxe amoureux, il n’y a qu’une conclusion : l’amour sera toujours imparfait… Et il n’y a même pas de quoi s’en plaindre car c’est-ce qui donne chair à la Vie…
...

23.10.2009

Patrick Avrane « Les imposteurs » Ed. Seuil

impo.JPG

 

 

 

Être ou vouloir être, telle est la question. Être suffit-il pour exister ? Avoir un objectif dans la vie n’est-ce pas au fond une forme d’imposture ? Ou du moins, une occasion rêvée de se mettre en position de se faire passer pour un autre ?

….

Le livre de Patrick Avrane parle surtout de l’imposteur pathologique, de celui qui ment pour devenir aux yeux des autres celui qu’il veut être pour gagner en retour leur admiration ou leur fortune. Il peut faire du mal s’il le faut pour n’être pas dévoilé dans sa véritable identité.

On s’étonnera de découvrir dans le texte de Patrick Avrane que tout imposteur ne le devient qu’avec le consentement involontaire de ses futures victimes. A l‘imposteur, la mise en scène est nécessaire. Il lui faut donc acteurs ou simples figurants. Pour celui qui n’est pas encore victime, c’est-à-dire qui n’est pas encore perdant dans la relation avec l‘imposteur, être acteur ou figurant est nécessaire pour profiter la conscience tranquille des bénéfices des mensonges de l’imposteur. On ferme les yeux, on se tait, on approuve … avant de subir et de s’en morde les doigts.

« Les imposteurs » est un livre qui propose de disséquer un thème qui n’est pas particulièrement analysé dans le monde de la psychanalyse, alors qu’il y en aurait beaucoup à dire ! C’est un bon début et un thème passionnant.

17.10.2009

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

9782841113712fs.gif

« Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. Ed. Nil

Comment le dire … c’est aussi charmant que désuet. Il s’y trouve de la profondeur et de la légèreté dans le même temps, dans ce récit en forme d’échanges de courriers. C’est un livre globalement qu’on aime à lire mais qui se transforme dans l’imaginaire en volutes romantiques vite dissipées. Ce livre est comme un Ovni, il vient, il passe, il éblouit et disparaît en ne laissant qu’une douce certitude, celle qu’il ne sert à rien… même si au fond, il est bien (c’est compliqué) ! Il se caractérise par le rien, par le néant, par le joli et le sympathique… Au moins le temps de la lecture. Après, que de difficultés à jauger de la qualité de ce livre : Est-il bien ? … Ben oui …. ben non. Toutes les réponses sont adaptables. Mais que raconte globalement ce livre ? La découverte d’un cercle littéraire par une auteure qui cherche des idées pour écrire livres et articles pour les journaux. L’histoire est située juste après la deuxième guerre mondiale. Dire que ce livre est idiot, c’est vraiment être sans cœur car en plus ce n’est pas vrai, quoique, nous pourrions être tentés de le penser ! Mais une chose est certaine, c’est qu’il est inutile… mais zut, il est aussi attirant ! Bref on devrait maudire ce genre de livres qui se lit avec tant de plaisir mais qui n’apporte rien. En bref, ce livre est comme quelqu’un de très aimable, genre une vieille tante, qui trouve toujours quelque chose à raconter quand elle vous invite à boire le thé. Invitation que vous n’avez qu’exceptionnellement acceptée que parce que vous êtes enfin prêts à vous amuser des babillages d'une tante qui, si ça se trouve, a même des poils sur le menton.

13.10.2009

Justine Levy

justine-levy-272791.jpg

Justine Levy « Mauvaise fille » ed.Stock

J’avais aimé « Rien de grave » le second livre de Justine Levy, ce livre où elle décrit par le menu la douleur d’être quittée par son compagnon. L’histoire avait un contexte connu et qui tournait autour de Carla Bruni devenue depuis madame Sarkosy. Il était très facile à ce moment là pour un lecteur de se mettre à la place de l’auteur et de se sentir concerné par sa colère et sa douleur. Son écriture simple et saccadée donnait le bon rythme à une histoire chaotique et si difficile à surmonter. Avec « Mauvaise fille » la musique est la même. Justine Levy y raconte ses relations avec sa mère, brave femme mais mauvaise mère. Là aussi que de souffrances diverses à vivre, mais cette fois-ci auprès d’une femme négligente quoique aimante ; dotée de mœurs légères mais avec un cœur généreux : En bref, un femme pleine de contrastes… une mère qu’on imagine évidemment déroutante pour une enfant…pour une ado et même pour une adulte. Une adulte que la vie malmène ou qui se laisse malmener par la vie et qui au cours de sa jeune histoire se trouve très gênée de porter la vie en elle quand sa mère est sur le point de mourir d’un cancer, car tel est le thème central du livre : La honte de porter la vie face à une femme qui va perdre la sienne. Gênée Justine ? Mais négligente à son tour, quand l’occasion se présente, comme pour renverser inconsciemment les rôles et devenir ainsi la « Mauvaise fille » après avoir subit une mauvaise mère qui n‘est plus que l‘ombre d‘elle-même à la fin de sa vie et qu‘il faut donc pardonner. Auto-flagellation, doutes divers, mal-être, désir d’être protégée ou parfois le contraire, en tout cas à la fin du livre, le lecteur ne peut se sentir que gavé de tant de larmoyantes douleurs. On aimerait demander à Justine Lévy de passer à autre chose, ou alors d’arrêter d’écrire : Inutile de continuer à se faire du mal pour rien.

08.10.2009

Une vie compliquée !

1015541-gf.jpg
Gérard Fesch (avec Serge Filippini) « Mon enfance guillotinée » Ed. l’Archipel 
Gérard Fesch a longtemps été en quête de son identité. Au travers de cette autobiographie, il relate les nombreuses embûches pour être officiellement reconnu comme étant le fils de Jacques Fesch, meurtrier d’un policier après un cambriolage qui a mal tourné. Condamné à la peine capitale, celui-ci laissera des écrits mystiques assez importants pour que l’église demande sa béatification. Mais ce n’est que quarante ans après sa naissance que Gérard Fesch à l’occasion d’un article de presse intitulé « De l’échafaud à la grâce » découvre enfin ses origines et l’identité de ses vrais parents. Commencera alors pour lui une longue bataille juridique pour enfin pouvoir porter le nom de famille qui lui revient et ne plus être l’orphelin qu’il a toujours été par le passé.  

Enfance malheureuse et recherche d’identité sont les principaux thèmes de cette histoire. Il est donc bien difficile de porter un jugement sur un témoignage humain aussi intriguant que celui-ci. Toutefois, comme l‘auteur adulte finit par trouver réponses à ses interrogations d‘enfant, il ne reste plus au lecteur qui arrive à la dernière page qu‘à refermer le livre et passer à autre chose : Les liens sont coupés.

23.09.2009

Amélie Nothomb

amélie nothomb.jpg
 

« Le voyage d’hiver » Amélie Nothomb chez Albin Michel

 

Avant « Stupeur et tremblements » je n’ai rien lu d’Amélie Nothomb. Après, j’ai n’ai lu que : « Le voyage d’hiver » qui est son dernier. Entre les deux, l’humour a disparu, mais il n’en reste pas moins que «  Le voyage d’hiver » se lit bien et en deux heures de temps, ce qui n’est pas un gros sacrifice. On peut admirer la photo de couverture plus longtemps que le texte en lui-même car elle est signée Harcourt, le laboratoire photographique qui livre les photos signées en format 24x30 blotties dans de belles boîtes noires. On ne s’en lasse pas. Je dis ça, car il est bien connu qu’entre les titres et les couvertures, la romancière n’a jamais fait aucune concession et que ses choix, en général critiqués par les professionnels du livres passent pourtant très bien auprès du public.

 

Amélie Nothomb est un auteur régulier. Chaque année elle sort au mois de septembre un livre. Je m’étonne toutefois de son rythme de travail « Je me lève tous les matins à 4h et j’écris jusqu’à 8h. Je pratique cette discipline sans relâche. » J’ai peine à croire pourtant qu’elle ait pu mettre un an pour pondre sa dernière œuvre. Deux ou trois mois constitueraient une durée suffisante pour créer ce genre d’ouvrage léger et complètement domestiqué par une imagination toujours en alerte. Alors que fait-elle le reste du temps ? Travaille-t’elle doublement pour assurer ses vieux jours ? L’on pourrait imaginer qu’elle écrit deux ou même trois livres par an et qu’elle les garde en réserve pour ces années futures où son imagination pourrait lui ferait défaut ? ! Amélie Nothomb qui pense à ses vieux jours ? Cela pourrait tout aussi bien être le thème d’un prochain livre ! « Une année j’écris une fiction, une année j’écris sur moi. » Donc plus qu’un an pour savoir à quelle sauce l’auteur va se servir.


Mais que raconte « Le voyage d’hiver » ? L’histoire d’un dépit amoureux qui pousse le narrateur à détourner un avion pour le faire s’écraser sur la Tour Eiffel. Va-t’il le faire ou non ? N’aurait-il pas mieux fait de s’en prendre directement à l’objet convoité qui lui échappe ? Vous voulez le savoir ? Désolée, il faut lire le livre pour le découvrir. Et vous jugerez qu’au final, c’est un petit délire charmant.

Toutes les notes